Dimanche 16 avril. Réveil solitaire... Le sirop vitaminé près du café, pour ne pas oublier, les jours qui vont suivre ne toléreront aucune improvisation, je dois rejoindre Virginie et ses parents à Saint Laurent pour une virée sur le Maroni.

Je réchauffe le sirop au micro-ondes et prends une cuillérée de café.

En jetant les vitamines, je me rends compte du challenge : 2 jours et 1 nuit avec mes petits beaux parents, et leur fille, et leurs petits enfants sans télé ni console ni même un ordinateur, risque bien de donner une image assez proche de l'apocalypse... Concentration, calme...

Départ 11H00. La route de Cayenne à Saint Laurent (260 KM) est longue et monotone. En plus, il pleut sans interruption.

Le rendez-vous est au pied du bagnard.

bagnard
(photo empruntée à http://damien.mauran.free.fr/)

Miracle, pour une fois tout le monde est à l'heure, y compris notre guide Harold. Nous embarquons dans sa pirogue, direction son carbet un peu avant Apatou (2H30 de pirogue environ).

pirogue

pirogue2

Le truc dans la pirogue est de se mettre le plus devant possible, on évite ainsi pas mal les projections d'eau. Le trajet se fait peinard, j'aime énormément ces moments où il n'y a rien d'autre à faire qu'à observer et admirer le fleuve, la forêt et les hommes qui y vivent.

Le Maroni est un pays en soi. On vit indifféremment sur la rive française ou surinamaise ; on y parle la même langue, le taki-taki, mélange de langues, dont le hollandais.
Les habitants du fleuve sont les descendants des esclaves enfuis qui se sont réfugiés tout au long, protégés par les conditions difficiles d'accès. Ils étaient les "noirs marrons", pas en raison de leur couleur de peau, mais en référence au mot espagnol américain : cimarrón qui siginifie "réfugié dans un fourré" et par extension, esclave enfui. Aujourd'hui, on dit plutôt les "bushinengué" (merci à Carol pour son concours !).
Ils ont aussi gardé leurs traditions, leurs coutumes, ici les lois de la république passent après celles du Gran Man ou du Capitaine du village.

Nous voici donc arrivés au carbet d'Harold.

harold4

harold3

Repas du soir (acoupa frit et HV), préparatifs du lendemain, toilette et tout le monde au lit !

harold2

harold11

Une chauve-souris a élu domicile sous le lit de Virginie qui s'inquiète.
Tout étant éteint dans le carbet, je décide d'allumer ma lampe frontale pour bouquiner un peu avant le sommeil du juste ! 37 secondes plus tard, je l'éteins, presqu'aveuglé par la nuée d'insectes venue lire avec moi !!! Insectes qui seront d'ailleurs consciencieusement avalés par la chauve-souris pendant la nuit, nous frôlant sans cesse sans jamais nous toucher... Chapeau la chauve !!!
Réveil, ptit dèj. Knackis et omelette, je regarde ailleurs et avale d'un trait mon nescafé brésilien (3 fois moins cher que l'officiel, aussi mauvais !).

A suivre...